Théâtre / 2h00 /Tout public

 

 

 

Interprétation : Francis Azéma

Décor : Camille Bouvier

Costumes : Noémie Le Tily

Création Lumière : Lucien Valle

Création sonore : Ludovic Lafforgue

Régie Son et Lumière : Marine Viot et Ludovic Lafforgue

Visuels et communication : Justine Ducat et Babel Team

Accompagnement pédagogique : Victoire Lizop

Production, diffusion : Jeanne Astruc

 

 

Production : Compagnie Les vagabonds, Co-production : Théâtre du Pavé.
Partenaires, soutiens et mécènes : Conseil Régional Occitanie (demandes en cours), Conseil Départemental de Haute-Garonne (demandes en cours), Ville de Toulouse (demandes en cours), DRAC Occitanie (demandes en cours), Association Le Grenier Maurice Sarrazin, le Crédit Mutuel, et notre public que nous remercions chaleureusement : François JOUAILLEC - Christian IMBART - Cécile CARLES - Corinne MARIOTTO - Patrick GIORGI - Gilles LAUTIER - Blanche MESSERLI - Josette CARPENTIER -Catherine TESSIER - Catherine JOSEPH - Maryse MADREL - Eloïse SIMONIS - Catherine JOBERT - Joël LEPELLETIER - Frédérique CAZABON - Martine GLON - Isabelle et Jean BOUVIER - Marie JUVE - Clothilde JUVE - Françoise PRATVIEL - Jean-Pierre PRADINES - Georges MICHEL MORILLON - Françoise CHEYROUX - Michel PERES - Mathilde AZOUVI - Olivier ROUQUETTE et  La Compagnie de l'Olive, - Renée REA - Jean-Claude IMART - Anne-Sophie et Frédéric MONTENEZ - Camille BONNAMOUR - Juliette SEQUEIROS - Catherine ESPINAT DIEF - Monsieur et Madame MARIOTTO
Nous tenons aussi à remercier : Toute l'équipe du Pavé, les bénévoles, Denis Rey, Claire et sa pince à dénuder, Babel Team, le Théâtre Garonne et Les imaginations Fertiles.

 

 

 

 


Bérénice, partition pour un acteur

 

Il s’agira de présenter la tragédie de Racine « Bérénice » avec un seul acteur interprétant tous les personnages .

 

Quoi et Pourquoi ?

 

Extrait de la préface de Racine :

 

« Titus, reginam Berenicen, tous les personnages etiam nuptias pollicitus ferebatur, statim ab Urbe dimisit invitus invitam. C’est-à-dire que «Titus, qui aimait passionnément Bérénice, et qui même, à ce qu’on croyait, lui avait promis de l’épouser, la renvoya de Rome, malgré lui et malgré elle, dès les premiers jours de son empire». Cette action est très fameuse dans l’histoire, et je l’ai trouvée très propre pour le théâtre, par la violence des passions qu’elle y pouvait exciter. Ce n’est point une nécessité qu’il y ait du sang et des morts dans une tragédie ; il suffit que l’action en soit grande, que les acteurs en soient héroïques, que les passions y soient excitées, et que tout s’y ressente de cette tristesse majestueuse qui fait tout le plaisir de la tragédie.

 

Je crus que je pourrais rencontrer toutes ces parties dans mon sujet. Mais ce qui m’en plut davantage, c’est que je le trouvai extrêmement simple. Il y avait longtemps que je voulais essayer si je pourrais faire une tragédie avec cette simplicité d’action qui a été si fort du goût des anciens. Car c’est un des premiers préceptes qu’ils nous ont laissés : « Que ce que vous ferez, dit Horace, soit toujours simple et ne soit qu’un ». »

« Que ce que vous ferez soit toujours simple et ne soit qu’un. »

Marguerite Duras rêvait d’une représentation de Bérénice où les acteurs seraient immobiles derrière leur pupitre et qui ne feraient que dire, que lire les vers, aucun geste, aucune intention, ne surtout pas jouer le chef-d’ouvre de Racine pour ne pas l’altérer, le dégrader par un jeu souvent trop intelligent, didactique.

 

Jouvet répétait à ses élèves du Conservatoire que, dans le Grand Théâtre, tout ce que l’acteur ajoute au texte, enlève au texte.

 

Roland Barthes, lui, situe le jeu et le phrasé de l’acteur de la tragédie racinienne ni dans un prosaïsme ennuyeux ni dans une mélodie musicale redondante mais plutôt dans une distance nécessaire à son exécution.

 

Cette distance sera cherchée, sera voulue, souhaitée dans cette forme épurée de l’acteur en solitude. Distance qui cherchera à éviter, à contourner l’éternel rapport par trop psychologique entre les personnages, cette lourdeur un peu triviale de l’action dramatique, cette histoire qu’il faut conter coûte que coûte.

 

L’intrigue aura lieu mais parfois le théâtre laissera place à l’épopée, à l’épique.

 

L’alexandrin de Racine reste sans doute le plus beau, le plus fragile, le plus cristallin, le plus épuré, le plus simple aussi.

 

Essayer de maintenir vivante cette voix, celle qui convoque la rigueur du musicien, la souplesse du chanteur et la vibration intime du comédien interprète.

 

Une partition à une voix pour six personnages en quête d’acteur, celle de Racine.

Où et Comment ?

Ce cabinet superbe et solitaire où se cachent Titus et Bérénice, où Antiochus vient déclarer après cinq ans de silence, son amour fou et dérisoire, sera le lieu de l’ (in)action. Du secret, des portes dérobées, des tapis feutrés, des festons , des jeux de miroirs peut-être (qui est qui ? qui parle à qui ?) Un lieu où l’on se retrouve pour se perdre, un labyrinthe des passions, un dédale monstrueux où, pire que la mort, les personnages ont rendez-vous avec la vie, la séparation, la solitude et l’oubli. « Que le jour recommence et que le jour finisse… »

 

Une lumière non frontale, plus latérale, violente et ténue à la fois, comme des portes qu’on ouvre soudainement. Pénombre qui laisse passer la force du jour, celle de la cérémonie nuptiale qui s’apprête, mais qui ne pourra vaincre les ombres murmurantes du sénat, du peuple qui, eux, attendent « l’exécution ».

Des voix sur micro HF pour les protagonistes. Parler à cour et n’être entendu qu’à jardin s’il le faut. Réverbérations, échos, chuchotements, que tout soit possible sans contrainte.

 

Aucun changement de costume ou d’accessoire pour signifier chaque personnage. Peut-être un grand manteau. Ne changer éventuellement que quelques détails parfois : col relevé, main dans la poche…

 

Aller du masculin au féminin, du féminin au masculin sans devoir « tout » changer, bien au contraire. Chercher l’infime, le détail, le presque rien.

 

Le passage d’un personnage à l’autre ne sera qu’esquisses, mouvements imperceptibles, regards déplacés. chacun d’eux aura son timbre de voix, sa tessiture, ses petits gestes particuliers mais dans un spectre serré,

 

concentrique, étroit. Les confidents seront presqu’invisibles, de dos, voix des consciences, soutien trompeur ou chaleureux.

En résumé.

Décevoir les amateurs d’un théâtre tonitruant, ceux qui veulent de la performance, du numéro d’acteur, du brio ou du panache. S’effacer derrière le long poème, en montrer les strophes, les articulations, les mouvements, les axes. Dire et dire encore les vers dans leur structure, leur forme, leur sonorité et c’est tout. Presque tout. Se laisser gagner peut-être, sans doute, parfois, par ce que ça raconte, mais garder la distance, l’ élégance, ne pas s’approprier le tragique pour le faire sien. Evoquer, narrer, respecter, partager avec l’auditeur, le spectateur, le confident, l’ami.

Francis Azéma.

 

 

 

Les prochaines dates

28 février au 11 mars 2017 - Théâtre du Pavé

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