Théâtre et témoignages

 

Auteur : Sarah Freynet 

 

Mise en scène : Anne Bourgès


Interprétation :

Delphine Alavado, Anne Bourgès, Dominique Bru et Kantuta Varlet 

  

Technique et décors 

Kantuta Varlet 

 

Partenaires et soutiens : 

Espace Roguet, Théâtre de la Brique Rouge (Bazacle), CMCAS EDF-GDF Toulouse, Les Haras (St Gaudens), Espace JOB et Collectif JOB, Ministère de la Culture, Conseil Régional d’Occitanie, Conseil Départemental de la Haute-Garonne, Mairie de Toulouse, SPEDIDAM


Court texte de présentation de L'usine JOB, Une épopée ouvrière

Il s’agit de  raconter l’histoire de JOB à travers une fiction, une pièce de théâtre où se rejoueraient les différents moments de la lutte pour l’Usine Job. Il s’agit de transformer les témoins en personnages de théâtre, de faire vivre sur le plateau cette épopée des temps modernes, avec la force de la fiction. Il s’agit de changer en fiction une histoire réelle car les mensonges de la fiction disent parfois plus vrai que les discours sur le réel.

Le texte alternera des chœurs ouvriers, des récits de luttes réussies dignes d’une épopée et des séances de Monopoly entre Boloré, Scheufelen et JOB, leitmotiv de la pièce qui apportent de façon distanciée et comique les différentes phases d'achat, reventes, décisions de justice qui ont concerné l’Usine JOB.

L'usine JOB, Une épopée ouvrière

Théâtre et témoignages | D'après le texte de Sarah Freynet


Le désir dans ce projet est de partir d’un matériau documentaire, en interrogeant tous les acteurs de l’histoire : les anciens ouvriers, dont certains étaient représentants des syndicats, les cadres, les acteurs de la société civile (habitant de  quartier, proches) qui se sont  mobilisés contre la fermeture de l’Usine. Il s’agit aussi de travailler en partenariat avec les acteurs du Centre Culturel JOB qui ont permis la reconversion de l’usine en endroit de partage sportif et culturel.

 

 

Quatre voix de femmes

  Il s’agit de raconter l’histoire de JOB à quatre voix, quatre voix de femmes, retraçant toute l’épopée des hommes et des femmes de JOB. Car JOB c’est surtout une histoire de syndicalistes virils, dans l’action, n’ayant pas peur de déplacer des tonnes de papier avec les machines réservées au travail, faisant des blagues à la CFDT en soulevant le container qui abrite leur secrétariat, des hommes qui tiennent tête à Bolloré avec leur bon sens paysan.

 

 Les femmes dans cette histoire fournissent une aide sans faille, plus discrète, elles photocopient les factures pour accumuler les preuves, font du café pour les nuits blanches mais aussi refont les plans pour transformer JOB en lieu de vie, en lieu de culture. Tout mettre dans la bouche des femmes c’est aussi distancier, montrer la force des syndicalistes dans le rassemblement et l’organisation plus que dans les muscles et les coups de gueule. Bolloré, Scheufelen, Rothschild joués par des femmes, deviennent des enfants qui tirent les ficelles de la finance sans souci des conséquences, ainsi tout est décalé et l’histoire est mise à distance, on en suit les péripéties avec plaisir car les actrices troquent les casquettes des puissants contre les casques des ouvriers, les brushings des secrétaires contre les queues de cheval des ouvrières, nous permettant de faire revivre toute une usine.

 

  C’est la grande  comédie du monde qui se joue sous nos yeux avec les artifices du théâtre. 

 

Une adresse public constante

 Écrit à partir de témoignages le texte est très principalement dit comme une confession, un partage.

Tout particulièrement les moments de confidences des ouvriers qui se livrent sur leurs ressentis, leur passé, leurs origines, dans des passages d’une belle et grande tendresse. Ce concentré d’humanité est donné presque les yeux dans les yeux à un public proche, qui devient comme un intime.

  Mais il est aussi la transmission d’une histoire incroyable par ses protagonistes de fiction qui relatent les épisodes de l’action comme les chapitres d’une série à suspense dans des scènes de « reconstitution » parfois rocambolesques et néanmoins poignantes. Enfin, les apparitions des « méchants » Bolloré, Scheufelen et consorts relèvent du burlesque le plus assumé, les quatre comédiennes jouent tour à tour chacun de ces « super vilains » avec une jubilation certaine à les ridiculiser, à en faire tout à fait les pantins cyniques qu’ils ont été. 

  Ce sont donc trois niveaux de jeu, trois codes d’interprétation, qui donnent corps à ce récit. 

 

Une scénographie de papier 

  Tout naturellement, le papier est dans le spectacle beaucoup plus qu’un décor : un paysage, un cocon, une incarnation poétique des coups de gueule et des cœurs lourds, des destins brisés et des saines colères, bref, un personnage à part entière.

 Des rouleaux de papier structurent l’espace et créent des images évolutives au fur et à mesure de leur déplacement par les comédiennes.   Des maquettes de tailles variables font naître l’Usine au plateau et les comédiennes les transforment en jeu. Elles deviennent écran de théâtre d’ombre, eau de la Garonne ou chemin de papier. D’une banderole syndicale émerge un castelet de marionnettes. Des figurines de papier sont la fragilité de ces ouvriers que l’on peut déchirer comme des feuilles ; mais aussi de solides ribambelles humaines quand ces mêmes ouvriers se fédèrent et s’entraident.

 La scène prend parfois des airs complètement oniriques, quand par exemple une machine industrielle se voit pousser des bras et des jambes humains ou qu’une neige de confetti la caresse. C’est l’âme de JOB qui est présente dans ces moments fantasmés, imaginaires, fantastiques, qui ponctuent le réalisme très terre à terre du récit.

 

La technique au plateau  

  Dans l’état d’esprit d’un atelier qui travaille sous nos yeux, la technicienne est au plateau. Depuis sa table de travail elle confectionne en direct les accessoires de papier, annonce des titres au micro, ponctue le jeu de jingles sonores directement issus des petits instruments de musique qu’elle a sous la main. De la même façon ce sont les comédiennes qui chantent lors des passages musicaux, qui éclairent à la lampe torche telle ou telle zone, tout est fabriqué au-fur-et-à-mesure des besoins, toute l’équipe est dans le «faire» et s’affaire. Toutes vêtues de blouses d’ouvrières ce sont donc quatre femmes qui incarnent ce récit et le recomposent en permanence.


Dates à venir de L'usine JOB, Une épopée ouvrière

27/03/20 - Espace Job à Toulouse (31) ANNULE


Dates passées de L'usine JOB, Une épopée ouvrière

6/03/20 - CRÉATION à l'Espace Roguet à Toulouse (31)


Fiche Technique L'usine JOB, Une épopée ouvrière

à venir